L'enseignant et l'outil informatique
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4/6/2009 à
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L’enseignante et l’outil informatique
:
septembre 2003
La
place des exercices interactifs créés avec Genex
Depuis deux ans maintenant une scolarisation est proposée à certains
enfants. Au travers de cette nouvelle activité, les enfants sont à
nouveau mis face à l’outil informatique. Comment cette pratique
s’intègre-t-elle dans les pratiques existantes ?
Noëlle, répétitrice
Dans son travail avec les enfants,
l’outil informatique s’impose sans discussion. Il présente de nombreux
avantages tant pour les enfants que pour l’enseignante qu’elle est :
- L’ordinateur permet un gain de temps appréciable pour réaliser les exercices proposés par le CNED.
Choisir une gommette, la détacher de son support pour la coller sous le
mot voulu exige de la part de l’enfant handicapé un grand effort et
demande du temps. Or du temps, elle n’en a que très peu : trois heures
hebdomadaires par enfant.
L’activité devient vite fastidieuse. Sélectionner la gommette à
l’écran puis la déposer sous le mot souhaité grâce au balayage
automatique (cet aspect sera détaillé dans la partie consacrée au
logiciel Génex) élimine l’aspect contraignant de l’exercice, libère
l’enfant de son handicap et lui permet de se concentrer sur la réponse
à donner. Il a le sentiment de travailler comme les autres.
- L’ordinateur offre à l’enfant la possibilité de présenter un travail propre et soigné.
L’enfant est sensible au beau. Il perçoit que les graffiti qu’il
produit en coloriant ou en soulignant un mot dévalorisent sa
prestation.
Avec l’ordinateur son travail s’en trouve valorisé. L’outil gomme sa
maladresse. La possibilité de pouvoir imprimer son travail permet
également à l’enfant de garder une trace tangible qu’il sera fier de
montrer à son entourage.
- L’ordinateur résout des problèmes d’ordre matériel.
En effet, pour ces enfants travailler sur un plan horizontal pose
d’énormes difficultés. Les troubles moteur associés parfois à des
troubles de perception visuelle (troubles oculomoteurs) nécessitent
l’emploi d’un plan incliné. Le moniteur remplace dans ce cas
avantageusement la table. Sur un plan incliné il faut encore rivaliser
d’ingéniosité pour fixer la feuille ou le livre. Ces problèmes
disparaissent lorsque la page ou le livre s’affiche à l’écran. Étant
dégagé des problèmes matériels, l’enfant pourra se consacrer pleinement
à ses apprentissages.
- L’ordinateur rend l’enfant autonome.
C’est lui qui va désigner à l’écran l’élément qui correspond à la
réponse qu’il aura choisie. Ce n’est plus l’adulte qui guidera sa main
ou entourera sur la feuille la réponse qu’il aurait aimé donner si des
difficultés d’ordre kinesthésique ne l’en avaient empêché. Même limité,
ce sentiment d’indépendance est essentiel pour l’enfant qui trouvera
ainsi le moyen de cultiver et développer la confiance en ses capacités.
L’enseignante apprécie les
possibilités offertes par le logiciel Génex. Nous détaillerons de
manière plus approfondie le fonctionnement de ce logiciel dans une
partie qui lui sera entièrement consacrée. Nous ne voulons retenir ici
que la nature du logiciel, un logiciel dit ouvert.
Génex ne propose pas d’exercices déjà réalisés. C’est un
générateur d’exercices. L’enseignant pourra donc bâtir exactement les
exercices dont il a besoin en les adaptant parfaitement à sa
progression mais aussi aux difficultés de ses élèves. Génex n’est donc
pas un logiciel adapté à l’enfant handicapé mais bien plutôt un
logiciel adaptable.
Déprogrammer l’enfant !
Non seulement les enfants utilisent
l’outil informatique avec plusieurs intervenants au sein de l’IEM, mais
disposent d’un équipement informatique conséquent à la maison :
ordinateur ; consoles de jeux.
Habitués à jouer - c’est l’essentiel de leur pratique
personnelle -, leur comportement devant l’écran de l’ordinateur doit
être rééduqué. Les premières séances ont consisté à apprendre à
regarder l’écran, voir ce qu’il comporte ; écouter la consigne,
comprendre ce qui est demandé et alors, mais alors seulement,
sélectionner les réponses. C’est très différent que de cliquer un peu
partout sur l’écran et peut-être finir par trouver une réponse
correcte.
Pour mener à bien ce travail de déprogrammation, la répétitrice
fait parler l’enfant devant l’écran de sa machine. Elle instaure un
dialogue. L’enfant s’exprime sur ses choix, Il dit ses hésitations. Il
réfléchit à voix haute et cela l’aide énormément.
Les enfants impliqués dans notre projet attendent avec beaucoup
d’impatience le moment où la répétitrice leur donnera l’occasion
d’utiliser l’ordinateur.
Intéressons-nous à leurs réactions devant la machine.
• Caroline a beaucoup d’écoute. Elle montre de la patience et accepte
volontiers de recommencer les exercices tant qu’elle n’a pas le
sentiment d’avoir intégré la notion abordée.
•Sarah exprime généralement son agacement. Peu habituée à
l’exigence requise par la répétitrice, elle affirme volontiers que
« cela ne fait rien si c’est faux » et rechigne à refaire l’exercice.
<
• Loïc, garçon plutôt instable qui manque de
concentration dans les activités traditionnelles, est très motivé dès
qu’il s’agit de travailler avec l’ordinateur car « l’ordinateur, moi
j’aime » dit-il. Il passe auprès de ses camarades pour un moniteur
quand il s’agit d’utiliser l’outil informatique surtout avec les aides
éducatrices. Ceci le stimule et l’apprentissage s’en trouve alors
facilité.
Les exercices interactifs développés grâce au logiciel Génex
gardent pour les enfants concernés un aspect ludique tout en
nécessitant concentration et exigence. Dans cette activité,
l’ordinateur perd son statut de compagnon (de jeu) et devient l’outil
qui permettra à l’enfant de « faire avec » son handicap.
Daniel SEDLBAUER
Académie de Nancy-Metz
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