Les éducatrices et l'outil informatique
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4/6/2009 à
02:35
Les éducatrices et l’outil informatique
:
septembre 2003
Bénédicte et Lucille, éducatrices spécialisées
Pour les éducatrices spécialisées, le recours à l’outil informatique
s’inscrit dans le cadre d’une activité « informatique » inscrite dans
l’emploi du temps des enfants, le jeudi matin.
Trois types de logiciels sont utilisés :
- logiciel de type bureautique : Word
Ce logiciel permet à certains enfants de saisir un texte court qui
aura été au préalable rédigé sur feuille par l’éducatrice. Le texte
sera ensuite imprimé puis découpé pour être finalement collé sur une
carte d’anniversaire. Parfois l’enfant essaiera simplement de taper
quelques lettres pour montrer à son entourage ce qu’il sait faire même
« si sa main ne lui obéit pas. » Au cours de cette activité l’enfant
reste seul devant son écran. Il peut toutefois solliciter à tout moment
l’aide de l’éducatrice.
- logiciel de création : Print Artist Junior
Ce logiciel nécessite la présence permanente de l’éducatrice aux
côté de l’enfant. Un échange verbal s’installe entre eux. L’enfant
choisit les différents éléments d’une carte d’anniversaire (par
exemple) et l’éducatrice exécute les commandes qu’il ne saurait faire
seul. Le résultat final est imprimé et l’enfant a le sentiment d’être
l’auteur du travail. Au fil des séances, il acquiert une connaissance
toujours plus grande des possibilités du logiciel mais reste toujours
aussi dépendant de la partie technique, la manipulation de la souris.
- logiciels d’éveil : le guide des chiens ; la collection Mobiclic ; Forest Junior ; Ça se transforme/L’univers de Pomme d’Api...
Comme dans une bibliothèque, l’enfant choisit en début de séance un
ou deux titres de CD-Rom qu’il va ensuite consulter seul. Une phase
d’apprentissage de la navigation dans le produit précède généralement
cette approche.
Nous ne sommes
plus tout à fait dans le même cadre d’utilisation de l’ordinateur. Les
éducatrices travaillent avec un groupe d’enfants. Certains enfants
quittent le groupe pour « aller sur l’ordinateur » pour faire ce qu’il
a envie de faire. Les objectifs ne semblent guère être définis avec
beaucoup de rigueur. L’enfant vit ce temps comme un moment sans
contraintes. Lors de nos observations, nous avons constaté que lorsque
l’activité proposée par le CD-Rom devenait plus difficile, nécessitait
un effort de concentration, l’enfant avait facilement tendance à
l’abandonner pour demander un autre CD-Rom. Il arrive aussi que
l’enfant choisisse régulièrement le même titre. Cela le rassure
d’évoluer dans un environnement qu’il finit par bien connaître.
Pour Bénédicte et Lucille l’ordinateur permet d’alléger
l’effectif du groupe. Pendant que certains enfants consultent leur
CD-Rom, elles peuvent davantage se consacrer aux autres.
Il ressort de l’enquête menée au sein de l’IEM d’Uckange que les
objectifs spécifiques des différents intervenants voire l’absence
d’objectifs induisent des modes d’utilisation variés de l’outil
informatique. Nous remarquons que dans tous les cas de figure
rencontrés l’outil n’a jamais été considéré comme étant de nature à
remplacer les interactions humaines comme sources de formation. Il
garde et reste relégué à une fonction périphérique et instrumentale.
L’enfant et l’outil
L’enfant, comme nous l’avons déjà relevé, ne perçoit que deux aspects : travail et jeu. Comment appréhende-t-il cet outil ?
« L’ordinateur, il est moderne »
L’enfant apprécie le fait d’utiliser un outil moderne qui ne le met pas en décalage avec le monde dans lequel il vit.
« L’ordinateur, il ne se fâche jamais »
<
Quelles que soient les réponses qu’il donne, l’enfant ne se sent pas en
situation d’échec puisqu’il a la possibilité de recommencer, de
recevoir en retour une information qui va lui permettre de mettre en
œuvre une nouvelle stratégie. La machine n’a pas d’état d’âme. L’enfant
ne se sent pas jugé ; il osera proposer ses solutions sans crainte du
regard de l’autre. La confrontation à l’erreur est formatrice surtout
si aucun jugement de valeur n’est formulé.
« L’ordinateur, ça fait du bruit »
Le multimédia, qui intègre son, musique, images, vidéos et textes,
le tout dans des palettes de couleurs attrayantes, contribue à rendre
l’écran vivant, plein de bruits, dans tous les sens du terme.
Force est cependant de constater le décalage existant entre les centres
d’intérêts des enfants, leur niveau scolaire et les produits du marché.
Pour Caroline, Sarah et Loïc il n’existe aucun logiciel en relation
avec leurs centres d’intérêts d’adolescents et leur niveau scolaire -
grande section de maternelle ou cours préparatoire.
Daniel SEDLBAUER
Académie de Nancy-Metz
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