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Autonomie des enfants

  : Ajouté le 4/6/2009 à 02:38

Autonomie des enfants :

septembre 2003

Autonomie des enfants

Les exercices interactifs complètent la panoplie des fonctions présentées dans la typologie proposée par Jack Sagot. Sans exclure les approches déjà relevées dans les usages en cours au sein de l’IEM, leur spécificité réside dans le fait d’intégrer les approches tutorielle et augmentative.

Il nous semble qu’à la différence des autres situations d’utilisation de l’outil informatique que nous avons repérées dans le cadre de notre projet, cette situation de mise en œuvre de l’ordinateur par le biais de la scolarisation contient l’ensemble des approches décrites.
Pour l’ergothérapeute et l’orthophoniste, spécialistes dans leur domaine d’intervention, une fonction se trouvait plus particulièrement privilégiée, cette fonction étant tout naturellement associée à la spécialité de l’intervenant.
Pour la répétitrice il n’est pas question de spécialité. La nature même de son activité de scolarisation touche à la personne tout entière de l’enfant dans ses différentes composantes physiques, affectives, relationnelles et intellectuelles.

L’objectif principal de tous les acteurs de l’IEM vise l’autonomie de l’enfant. Cette autonomie sera bien évidemment partielle car limitée. Comment alors parler d’autonomie si ce n’est en changeant notre regard sur ces enfants ?

L’outil informatique, dans le sens le plus étendu du terme, avec ses périphériques spécialisés et les logiciels utilisés (dont Génex) devient alors ce « plus » qui caractérisera l’enfant dorénavant. Parler de Caroline, enfant handicapée moteur n’ouvre aucune perspective nouvelle, parler de Caroline plus contacteur, de Sarah plus balayage automatique, leur donne un statut leur permettant d’évoluer et d’aller vers leur autonomie.

< La scolarisation possible de certains enfants à l’IEM d’Uckange est une expérience récente qui demande encore à mieux être intégrée à travers le projet individuel de l’enfant dans la pratique quotidienne du centre. Tout en bousculant les situations établies, la réalisation des exercices créés avec Génex constitue une expérience pédagogique enrichissante aussi bien pour les enfants scolarisés à l’IEM et ceux qui travaillent avec eux que pour les collégiens de Moulins qui apprennent à connaître leurs attentes.


Daniel SEDLBAUER
Académie de Nancy-Metz.


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L'enseignant et l'outil informatique

  : Ajouté le 4/6/2009 à 02:37

L’enseignante et l’outil informatique :

septembre 2003

La place des exercices interactifs créés avec Genex Depuis deux ans maintenant une scolarisation est proposée à certains enfants. Au travers de cette nouvelle activité, les enfants sont à nouveau mis face à l’outil informatique. Comment cette pratique s’intègre-t-elle dans les pratiques existantes ?

Noëlle, répétitrice

Dans son travail avec les enfants, l’outil informatique s’impose sans discussion. Il présente de nombreux avantages tant pour les enfants que pour l’enseignante qu’elle est :

  • L’ordinateur permet un gain de temps appréciable pour réaliser les exercices proposés par le CNED.
    Choisir une gommette, la détacher de son support pour la coller sous le mot voulu exige de la part de l’enfant handicapé un grand effort et demande du temps. Or du temps, elle n’en a que très peu : trois heures hebdomadaires par enfant.
    L’activité devient vite fastidieuse. Sélectionner la gommette à l’écran puis la déposer sous le mot souhaité grâce au balayage automatique (cet aspect sera détaillé dans la partie consacrée au logiciel Génex) élimine l’aspect contraignant de l’exercice, libère l’enfant de son handicap et lui permet de se concentrer sur la réponse à donner. Il a le sentiment de travailler comme les autres.
  • L’ordinateur offre à l’enfant la possibilité de présenter un travail propre et soigné.
    L’enfant est sensible au beau. Il perçoit que les graffiti qu’il produit en coloriant ou en soulignant un mot dévalorisent sa prestation.
    Avec l’ordinateur son travail s’en trouve valorisé. L’outil gomme sa maladresse. La possibilité de pouvoir imprimer son travail permet également à l’enfant de garder une trace tangible qu’il sera fier de montrer à son entourage.
  • L’ordinateur résout des problèmes d’ordre matériel.
    En effet, pour ces enfants travailler sur un plan horizontal pose d’énormes difficultés. Les troubles moteur associés parfois à des troubles de perception visuelle (troubles oculomoteurs) nécessitent l’emploi d’un plan incliné. Le moniteur remplace dans ce cas avantageusement la table. Sur un plan incliné il faut encore rivaliser d’ingéniosité pour fixer la feuille ou le livre. Ces problèmes disparaissent lorsque la page ou le livre s’affiche à l’écran. Étant dégagé des problèmes matériels, l’enfant pourra se consacrer pleinement à ses apprentissages.
  • L’ordinateur rend l’enfant autonome.
    C’est lui qui va désigner à l’écran l’élément qui correspond à la réponse qu’il aura choisie. Ce n’est plus l’adulte qui guidera sa main ou entourera sur la feuille la réponse qu’il aurait aimé donner si des difficultés d’ordre kinesthésique ne l’en avaient empêché. Même limité, ce sentiment d’indépendance est essentiel pour l’enfant qui trouvera ainsi le moyen de cultiver et développer la confiance en ses capacités.

L’enseignante apprécie les possibilités offertes par le logiciel Génex. Nous détaillerons de manière plus approfondie le fonctionnement de ce logiciel dans une partie qui lui sera entièrement consacrée. Nous ne voulons retenir ici que la nature du logiciel, un logiciel dit ouvert.

Génex ne propose pas d’exercices déjà réalisés. C’est un générateur d’exercices. L’enseignant pourra donc bâtir exactement les exercices dont il a besoin en les adaptant parfaitement à sa progression mais aussi aux difficultés de ses élèves. Génex n’est donc pas un logiciel adapté à l’enfant handicapé mais bien plutôt un logiciel adaptable.

Déprogrammer l’enfant !

Non seulement les enfants utilisent l’outil informatique avec plusieurs intervenants au sein de l’IEM, mais disposent d’un équipement informatique conséquent à la maison : ordinateur ; consoles de jeux.
Habitués à jouer - c’est l’essentiel de leur pratique personnelle -, leur comportement devant l’écran de l’ordinateur doit être rééduqué. Les premières séances ont consisté à apprendre à regarder l’écran, voir ce qu’il comporte ; écouter la consigne, comprendre ce qui est demandé et alors, mais alors seulement, sélectionner les réponses. C’est très différent que de cliquer un peu partout sur l’écran et peut-être finir par trouver une réponse correcte.
Pour mener à bien ce travail de déprogrammation, la répétitrice fait parler l’enfant devant l’écran de sa machine. Elle instaure un dialogue. L’enfant s’exprime sur ses choix, Il dit ses hésitations. Il réfléchit à voix haute et cela l’aide énormément.
Les enfants impliqués dans notre projet attendent avec beaucoup d’impatience le moment où la répétitrice leur donnera l’occasion d’utiliser l’ordinateur.

Intéressons-nous à leurs réactions devant la machine. • Caroline a beaucoup d’écoute. Elle montre de la patience et accepte volontiers de recommencer les exercices tant qu’elle n’a pas le sentiment d’avoir intégré la notion abordée.

•Sarah exprime généralement son agacement. Peu habituée à l’exigence requise par la répétitrice, elle affirme volontiers que « cela ne fait rien si c’est faux » et rechigne à refaire l’exercice.
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• Loïc, garçon plutôt instable qui manque de concentration dans les activités traditionnelles, est très motivé dès qu’il s’agit de travailler avec l’ordinateur car « l’ordinateur, moi j’aime » dit-il. Il passe auprès de ses camarades pour un moniteur quand il s’agit d’utiliser l’outil informatique surtout avec les aides éducatrices. Ceci le stimule et l’apprentissage s’en trouve alors facilité.

Les exercices interactifs développés grâce au logiciel Génex gardent pour les enfants concernés un aspect ludique tout en nécessitant concentration et exigence. Dans cette activité, l’ordinateur perd son statut de compagnon (de jeu) et devient l’outil qui permettra à l’enfant de « faire avec » son handicap.


Daniel SEDLBAUER
Académie de Nancy-Metz


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Les éducatrices et l'outil informatique

  : Ajouté le 4/6/2009 à 02:35

Les éducatrices et l’outil informatique :

septembre 2003

Bénédicte et Lucille, éducatrices spécialisées

Pour les éducatrices spécialisées, le recours à l’outil informatique s’inscrit dans le cadre d’une activité « informatique » inscrite dans l’emploi du temps des enfants, le jeudi matin.

Trois types de logiciels sont utilisés :

  • logiciel de type bureautique : Word
    Ce logiciel permet à certains enfants de saisir un texte court qui aura été au préalable rédigé sur feuille par l’éducatrice. Le texte sera ensuite imprimé puis découpé pour être finalement collé sur une carte d’anniversaire. Parfois l’enfant essaiera simplement de taper quelques lettres pour montrer à son entourage ce qu’il sait faire même « si sa main ne lui obéit pas. » Au cours de cette activité l’enfant reste seul devant son écran. Il peut toutefois solliciter à tout moment l’aide de l’éducatrice.
  • logiciel de création : Print Artist Junior
    Ce logiciel nécessite la présence permanente de l’éducatrice aux côté de l’enfant. Un échange verbal s’installe entre eux. L’enfant choisit les différents éléments d’une carte d’anniversaire (par exemple) et l’éducatrice exécute les commandes qu’il ne saurait faire seul. Le résultat final est imprimé et l’enfant a le sentiment d’être l’auteur du travail. Au fil des séances, il acquiert une connaissance toujours plus grande des possibilités du logiciel mais reste toujours aussi dépendant de la partie technique, la manipulation de la souris.
  • logiciels d’éveil : le guide des chiens ; la collection Mobiclic ; Forest Junior ; Ça se transforme/L’univers de Pomme d’Api...
    Comme dans une bibliothèque, l’enfant choisit en début de séance un ou deux titres de CD-Rom qu’il va ensuite consulter seul. Une phase d’apprentissage de la navigation dans le produit précède généralement cette approche.

Nous ne sommes plus tout à fait dans le même cadre d’utilisation de l’ordinateur. Les éducatrices travaillent avec un groupe d’enfants. Certains enfants quittent le groupe pour « aller sur l’ordinateur » pour faire ce qu’il a envie de faire. Les objectifs ne semblent guère être définis avec beaucoup de rigueur. L’enfant vit ce temps comme un moment sans contraintes. Lors de nos observations, nous avons constaté que lorsque l’activité proposée par le CD-Rom devenait plus difficile, nécessitait un effort de concentration, l’enfant avait facilement tendance à l’abandonner pour demander un autre CD-Rom. Il arrive aussi que l’enfant choisisse régulièrement le même titre. Cela le rassure d’évoluer dans un environnement qu’il finit par bien connaître.

Pour Bénédicte et Lucille l’ordinateur permet d’alléger l’effectif du groupe. Pendant que certains enfants consultent leur CD-Rom, elles peuvent davantage se consacrer aux autres. Il ressort de l’enquête menée au sein de l’IEM d’Uckange que les objectifs spécifiques des différents intervenants voire l’absence d’objectifs induisent des modes d’utilisation variés de l’outil informatique. Nous remarquons que dans tous les cas de figure rencontrés l’outil n’a jamais été considéré comme étant de nature à remplacer les interactions humaines comme sources de formation. Il garde et reste relégué à une fonction périphérique et instrumentale.

L’enfant et l’outil

L’enfant, comme nous l’avons déjà relevé, ne perçoit que deux aspects : travail et jeu. Comment appréhende-t-il cet outil ?
« L’ordinateur, il est moderne »
L’enfant apprécie le fait d’utiliser un outil moderne qui ne le met pas en décalage avec le monde dans lequel il vit.
« L’ordinateur, il ne se fâche jamais »
< Quelles que soient les réponses qu’il donne, l’enfant ne se sent pas en situation d’échec puisqu’il a la possibilité de recommencer, de recevoir en retour une information qui va lui permettre de mettre en œuvre une nouvelle stratégie. La machine n’a pas d’état d’âme. L’enfant ne se sent pas jugé ; il osera proposer ses solutions sans crainte du regard de l’autre. La confrontation à l’erreur est formatrice surtout si aucun jugement de valeur n’est formulé.
« L’ordinateur, ça fait du bruit »
Le multimédia, qui intègre son, musique, images, vidéos et textes, le tout dans des palettes de couleurs attrayantes, contribue à rendre l’écran vivant, plein de bruits, dans tous les sens du terme.
Force est cependant de constater le décalage existant entre les centres d’intérêts des enfants, leur niveau scolaire et les produits du marché. Pour Caroline, Sarah et Loïc il n’existe aucun logiciel en relation avec leurs centres d’intérêts d’adolescents et leur niveau scolaire - grande section de maternelle ou cours préparatoire.


Daniel SEDLBAUER
Académie de Nancy-Metz

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